Prix du livre bientôt réglementé en Suisse

Le retour aux prix du livre réglementé dans toute la Suisse se précise. La Commission de l’économie du Conseil national a approuvé par 13 voix contre dix et une abstention un avant-projet de loi en ce sens.
Le but du projet, qui demeure « très controversé », est de soutenir le livre, en tant que bien culturel, dans sa diversité, a expliqué Dominique de Buman (PDC/FR) mardi devant la presse. Il s’agit aussi de venir en aide aux petites et moyennes librairies et de diversifier l’offre.

Les milieux intéressés et les partis auront l’occasion de donner leur avis lors d’une consultation qui sera lancée en novembre…

Lire la suite et accèder aux archives du dossier sur [inforsr.ch]

En complément, lire le rapport de recherche de la Haute école spécialisée de la Suisse du Nord-Ouest, intitulé [Premières conséquences de la suppression du prix unique du livre]

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Le CRL Midi-Pyrénées vous présente …

CRL-Midi Pyrénées-2

La Région Midi-Pyrénées, accompagnée du Centre Régional des Lettres, a décidé de lancer une campagne de communication en faveur de la librairie indépendante et pour la défense du Prix Unique du Livre, suite aux attaques dont il a été l’objet lors des discussions sur la Loi de modernisation de l’économie au printemps dernier.
Nous sommes heureux de vous présenter l’affiche de cette campagne qui a débuté le 3 novembre…

Dany Buys
Présidente du Centre Régional des Lettres Midi-Pyrénées

Hervé Ferrage
Directeur du Centre Régional des Lettres Midi-Pyrénées

Téléchargez l’affiche ici [campagnelibrairiemp2008]

Lettre de Mr Gérard Larcher à Mr Bernard Barraux

Commission spéciale du Sénat, Modernisation de l’économie.

Le 24 juillet 2008

Monsieur le Sénateur,

Dans la perspective de l’examen, par le Sénat, du projet de loi de modernisation de l’économie, vous m’avez alerté sur le risque de voir adopter par l’Assemblée nationale un amendement réduisant de deux ans à six mois le délai durant lequel les soldes de livres sont interdits

Je vous remercie de cette initiative, qui visait à contrarier une éventuelle remise en cause des dispositions de la Loi Lang sur le prix unique du livre qui aurait pénalisé l’accès à la diversité culturelle.

Comme vous le savez, cet amendement n’a finalement pas été défendu par son auteur et aucune proposition similaire n’a été déposée au Sénat. Dès lors, l’équilibre patiemment construit depuis bientôt vingt-sept ans en matière de prix du livre n’a pas été bouleversé.

Convaincu que vous en serez satisfait, je vous prie d’agréer, Monsieur le Sénateur, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Gérard Larcher

23 Juillet 2008 – La Dépêche

Le député-maire d’Agen voulait moderniser la vente du livre. Même Agen a toussé.

Dans le match Jack Lang- Jean Dionis du Séjour (Nouveau Centre), associé à Christian Kert (UMP, Bouches-du-Rhône), le député-maire d’Agen a perdu (la première manche ?) la bataille du prix du livre, contraint à un repli même pas stratégique à la mi-juillet, au grand soulagement de la ministre de la Culture, Christine Albanel…

> Lire la suite de l’article

Monsieur Pierre Izard, président du Conseil Général de Haute Garonne

Lettre à Madame Christine Albanel, Ministre de la Culture et de la Communication

Madame la Ministre,

Je tiens à vous apporter le regard d’une collectivité locale sur l’utilité du prix unique du livre, aujourd’hui remis en cause par un amendement parlementaire.

Le prix unique est un dispositif précieux, qui a fait ses preuves. Aujourd’hui la Haute-Garonne compte 115 librairies. Après une période où la tendance était à leur diminution, la situation s’est stabilisée. On voit ouvrir de nouvelles librairies, et certains projets indépendants ressortent par leur dynamisme.
Sans le prix unique, nous aurions certainement assisté à un phénomène de concentration irréversible.

C’eut été bien dommageable. Le réseau de nos librairies est très investi dans la vie culturelle locale, à travers sa participation aux manifestations, la venue d’auteurs, l’organisation de conférences et débats, la mise en place d’initiatives diverses, comme les spectacles pour enfants.

Par ailleurs, la diversité de nos librairies, c’est la possibilité ouverte à des politiques éditoriales différentes, à des choix de présentation des ouvrages ; et donc la chance donnée à de nouveaux auteurs, à des publications qui ne bénéficient pas de campagnes de lancement ou d’accès aux médias. La rencontre directe avec le libraire joue aussi à cet égard un rôle irremplaçable. On peut constater, par exemple, que nombre d’auteurs haut-garonnais de grand talent, parviennent aujourd’hui à toucher un public, parce qu’ils ont été soutenus par des libraires.

La déréglementation des prix aurait inévitablement pour conséquence d’appauvrir ce tissu, et de concentrer la distribution dans les grands réseaux capables de baisser les prix et sur Internet. C’est aussi le caractère de nos centres villes, leur vocation culturelle qu’élus locaux nous essayons de conforter, qui serait mise en question.

Le rapport Attali a systématiquement revisité toutes les réglementations qui d’après ses membres s’opposeraient à la croissance et à la création d’emplois. Ce n’est nullement un hasard s’il ne cite pas, parmi elles, le prix unique du livre.

Car sa suppression ne stimulerait nullement l’emploi culturel, bien au contraire. L’argument économique selon lequel solder les livres très tôt permettrait d’économiser du papier est non seulement fallacieux (puisque le papier est recyclé), mais aussi ridicule au regard de la dimension culturelle de ce débat.

Considérer en outre que c’est le prix qui s’oppose à la lecture est une idée bien sommaire. Il est aujourd’hui possible de lire à des tarifs maîtrisés (livres de poche noamment) ou gratuitement dans les bibliothèques.

Les acteurs du livre savent que bien d’autres obstacles existent pour élargir la pratique de la lecture. Ils ne peuvent se résumer à une approche purement financière. Rien ne garantit par ailleurs qu’une situation de monopole dans la librairie ou sur Internet conduise à une baisse réelle des prix.

Au coeur de nos territoires, nous avons besoin de librairies, nous avons besoin de porter le livre à la rencontre du public. C’est pourquoi, je suis inquiet lorsque je vois des parlementaires manifestement très attentifs aux arguments d’entreprises influentes, sans prêter l’attention méritée aux enjeux culturels de grande ampleur engagés par ce débat.

J’ai pris note de votre attachement revendiqué au prix unique du livre, mais aussi de votre référence à une nécessaire modernisation. J’en conclus que, malgré votre appréciation personnelle, le champ reste ouvert à une possible déréglementation dans ce secteur.

Rien ne plaide pourtant en ce sens, si ce ne sont les motifs d’acteurs particuliers d’un marché, certes respectables, mais qui ne peuvent prétendre à incarner l’intérêt général.

Je vous prie de croire, Madame la Ministre, à l’assurance de mes sentiments distingués.

Pierre Izard.

L’interview de Benoît Bougerol sur Actualitté.com

Conseil du livre, loi LANG ….

La Table ronde qui se tenait à l’Assemblée nationale mercredi dernier avait pour but de réunir des acteurs d’importance du livre. Au cours de cette séance, j’ai eu l’occasion de saluer le retrait de l’amendement du député Dionis du Séjour dès le soir du débat parlementaire début juin. Mais ce fut également l’occasion de rappeler quelques éléments concernant la loi Lang, qu’il ne sera jamais inutile de reprendre …

Lire l’article dans la rubrique dossier du site Actualitté.com

Le communiqué du Centre régional des lettres Midi P.

Dans le cadre de la Loi sur la modernisation de l’économie (LME), actuellement débattue devant l’Assemblée nationale, un amendement dangereux pour la vie du livre et la diversité culturelle a été déposé par un député du Nouveau Centre, élu du Sud-Ouest. Cet amendement vise à attaquer la Loi Lang sur le prix unique du livre et à autoriser les soldes sur les livres édités depuis plus d’un an (le délai actuel est de deux ans et un premier amendement visant à réduire cette durée à six mois a déjà été écarté). Aucun débat préalable avec les professionnels n’a eu lieu. L’ensemble des acteurs de la chaîne du livre se sont d’ores et déjà mobilisés contre cette proposition qui signifierait de fait, si elle était adoptée par le Parlement, la fin du prix unique et amorcerait un bouleversement total du marché du livre.

Comme le souligne le communiqué commun de la Société des Gens de Lettres, du Syndicat National de l’Edition et du Syndicat de la Librairie Française, la dérégulation du marché du livre emporterait au moins trois effets négatifs : un appauvrissement de l’offre éditoriale, de nombreux titres ne pouvant plus être publiés par les éditeurs, une augmentation du prix moyen du livre préjudiciable au pouvoir d’achat des lecteurs, les éditeurs étant contraints de compenser le manque de recettes lié aux soldes par une augmentation globale de leurs prix et, enfin, des obstacles supplémentaires pour le public dans son accès au livre du fait de la disparition de librairies en centre-ville. Des livres en moins grand nombre, plus chers et moins accessibles, le consommateur, contrairement aux idées reçues, a tout à perdre à cette dérégulation ».

En tant que présidente du Centre Régional des Lettres, je souhaite rappeler notre attachement à la loi Lang, votée à l’unanimité par le Parlement le 10 août 1981. Cette loi a garanti à la vie du livre depuis plus de vingt-cinq ans un développement équitable grâce à un réseau dense et diversifié de librairies partout sur le territoire. Ce réseau a lui-même été le garant d’une offre éditoriale multiple et non formatée, et d’une création littéraire libre et foisonnante.

Nous nous associons donc au mouvement de vigilance et de protestation qui demande le retrait immédiat de cet amendement. Le livre est au cœur de notre culture et l’un des instruments privilégiés de la liberté de penser. Il ne doit pas être sacrifié à la guerre des prix et à une logique de marchandisation généralisée qui signe la mort de toute vraie culture.

Danielle BUYS

Présidente du CRL, midi Pyrénées