Le communiqué du Centre régional des lettres Midi P.

Dans le cadre de la Loi sur la modernisation de l’économie (LME), actuellement débattue devant l’Assemblée nationale, un amendement dangereux pour la vie du livre et la diversité culturelle a été déposé par un député du Nouveau Centre, élu du Sud-Ouest. Cet amendement vise à attaquer la Loi Lang sur le prix unique du livre et à autoriser les soldes sur les livres édités depuis plus d’un an (le délai actuel est de deux ans et un premier amendement visant à réduire cette durée à six mois a déjà été écarté). Aucun débat préalable avec les professionnels n’a eu lieu. L’ensemble des acteurs de la chaîne du livre se sont d’ores et déjà mobilisés contre cette proposition qui signifierait de fait, si elle était adoptée par le Parlement, la fin du prix unique et amorcerait un bouleversement total du marché du livre.

Comme le souligne le communiqué commun de la Société des Gens de Lettres, du Syndicat National de l’Edition et du Syndicat de la Librairie Française, la dérégulation du marché du livre emporterait au moins trois effets négatifs : un appauvrissement de l’offre éditoriale, de nombreux titres ne pouvant plus être publiés par les éditeurs, une augmentation du prix moyen du livre préjudiciable au pouvoir d’achat des lecteurs, les éditeurs étant contraints de compenser le manque de recettes lié aux soldes par une augmentation globale de leurs prix et, enfin, des obstacles supplémentaires pour le public dans son accès au livre du fait de la disparition de librairies en centre-ville. Des livres en moins grand nombre, plus chers et moins accessibles, le consommateur, contrairement aux idées reçues, a tout à perdre à cette dérégulation ».

En tant que présidente du Centre Régional des Lettres, je souhaite rappeler notre attachement à la loi Lang, votée à l’unanimité par le Parlement le 10 août 1981. Cette loi a garanti à la vie du livre depuis plus de vingt-cinq ans un développement équitable grâce à un réseau dense et diversifié de librairies partout sur le territoire. Ce réseau a lui-même été le garant d’une offre éditoriale multiple et non formatée, et d’une création littéraire libre et foisonnante.

Nous nous associons donc au mouvement de vigilance et de protestation qui demande le retrait immédiat de cet amendement. Le livre est au cœur de notre culture et l’un des instruments privilégiés de la liberté de penser. Il ne doit pas être sacrifié à la guerre des prix et à une logique de marchandisation généralisée qui signe la mort de toute vraie culture.

Danielle BUYS

Présidente du CRL, midi Pyrénées

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