23 Juillet 2008 – La Dépêche

Le député-maire d’Agen voulait moderniser la vente du livre. Même Agen a toussé.

Dans le match Jack Lang- Jean Dionis du Séjour (Nouveau Centre), associé à Christian Kert (UMP, Bouches-du-Rhône), le député-maire d’Agen a perdu (la première manche ?) la bataille du prix du livre, contraint à un repli même pas stratégique à la mi-juillet, au grand soulagement de la ministre de la Culture, Christine Albanel…

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L’appel du livre sur facebook

Un groupe Appel pour le livre s’est crée sur facebook à l’initiative de Mouna Mathari. (Type : Entertainment & ArtsBooks & Literature). Il comprend actuellement plusieurs centaines de membres.

Monsieur Pierre Izard, président du Conseil Général de Haute Garonne

Lettre à Madame Christine Albanel, Ministre de la Culture et de la Communication

Madame la Ministre,

Je tiens à vous apporter le regard d’une collectivité locale sur l’utilité du prix unique du livre, aujourd’hui remis en cause par un amendement parlementaire.

Le prix unique est un dispositif précieux, qui a fait ses preuves. Aujourd’hui la Haute-Garonne compte 115 librairies. Après une période où la tendance était à leur diminution, la situation s’est stabilisée. On voit ouvrir de nouvelles librairies, et certains projets indépendants ressortent par leur dynamisme.
Sans le prix unique, nous aurions certainement assisté à un phénomène de concentration irréversible.

C’eut été bien dommageable. Le réseau de nos librairies est très investi dans la vie culturelle locale, à travers sa participation aux manifestations, la venue d’auteurs, l’organisation de conférences et débats, la mise en place d’initiatives diverses, comme les spectacles pour enfants.

Par ailleurs, la diversité de nos librairies, c’est la possibilité ouverte à des politiques éditoriales différentes, à des choix de présentation des ouvrages ; et donc la chance donnée à de nouveaux auteurs, à des publications qui ne bénéficient pas de campagnes de lancement ou d’accès aux médias. La rencontre directe avec le libraire joue aussi à cet égard un rôle irremplaçable. On peut constater, par exemple, que nombre d’auteurs haut-garonnais de grand talent, parviennent aujourd’hui à toucher un public, parce qu’ils ont été soutenus par des libraires.

La déréglementation des prix aurait inévitablement pour conséquence d’appauvrir ce tissu, et de concentrer la distribution dans les grands réseaux capables de baisser les prix et sur Internet. C’est aussi le caractère de nos centres villes, leur vocation culturelle qu’élus locaux nous essayons de conforter, qui serait mise en question.

Le rapport Attali a systématiquement revisité toutes les réglementations qui d’après ses membres s’opposeraient à la croissance et à la création d’emplois. Ce n’est nullement un hasard s’il ne cite pas, parmi elles, le prix unique du livre.

Car sa suppression ne stimulerait nullement l’emploi culturel, bien au contraire. L’argument économique selon lequel solder les livres très tôt permettrait d’économiser du papier est non seulement fallacieux (puisque le papier est recyclé), mais aussi ridicule au regard de la dimension culturelle de ce débat.

Considérer en outre que c’est le prix qui s’oppose à la lecture est une idée bien sommaire. Il est aujourd’hui possible de lire à des tarifs maîtrisés (livres de poche noamment) ou gratuitement dans les bibliothèques.

Les acteurs du livre savent que bien d’autres obstacles existent pour élargir la pratique de la lecture. Ils ne peuvent se résumer à une approche purement financière. Rien ne garantit par ailleurs qu’une situation de monopole dans la librairie ou sur Internet conduise à une baisse réelle des prix.

Au coeur de nos territoires, nous avons besoin de librairies, nous avons besoin de porter le livre à la rencontre du public. C’est pourquoi, je suis inquiet lorsque je vois des parlementaires manifestement très attentifs aux arguments d’entreprises influentes, sans prêter l’attention méritée aux enjeux culturels de grande ampleur engagés par ce débat.

J’ai pris note de votre attachement revendiqué au prix unique du livre, mais aussi de votre référence à une nécessaire modernisation. J’en conclus que, malgré votre appréciation personnelle, le champ reste ouvert à une possible déréglementation dans ce secteur.

Rien ne plaide pourtant en ce sens, si ce ne sont les motifs d’acteurs particuliers d’un marché, certes respectables, mais qui ne peuvent prétendre à incarner l’intérêt général.

Je vous prie de croire, Madame la Ministre, à l’assurance de mes sentiments distingués.

Pierre Izard.

Affiche et dépliants

Communiquer

Vous souhaitez participer à la campagne de sensibilisation de l’ appel pour le livre, nous mettons à votre disposition les documents graphiques nécessaires à l’impression professionnelle d’une affiche et d’un dépliant d’information de 4 pages en format B5.

Sur simple demande en adressant votre demande à h.clemente(@)syndicat-librairie.fr

L’affiche au format PDF
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Le dépliant au format PDF
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L’interview de Benoît Bougerol sur Actualitté.com

Conseil du livre, loi LANG ….

La Table ronde qui se tenait à l’Assemblée nationale mercredi dernier avait pour but de réunir des acteurs d’importance du livre. Au cours de cette séance, j’ai eu l’occasion de saluer le retrait de l’amendement du député Dionis du Séjour dès le soir du débat parlementaire début juin. Mais ce fut également l’occasion de rappeler quelques éléments concernant la loi Lang, qu’il ne sera jamais inutile de reprendre …

Lire l’article dans la rubrique dossier du site Actualitté.com

Qui sommes-nous ?

Le blog Pour le livre a été lancé pour prolonger et amplifier la mobilisation des auteurs, des éditeurs et des libraires en faveur de la loi du 10 août 1981 sur le prix du livre. La Société des gens de lettres, le Syndicat national de l’édition et le Syndicat de la librairie française ont dénoncé en commun les attaques dont cette loi a été la cible à l’occasion de l’examen au Parlement de la loi de modernisation de l’économie. Cette mobilisation, qui s’est élargie à des membres du Gouvernement, en premier lieu la Ministre de la culture et de la communication, à des élus locaux, aux bibliothécaires, aux traducteurs ou aux professionnels du livre en régions, a permis d’éviter que ces amendements ne soient adoptées par l’Assemblée nationale. Il est néanmoins impératif que cette mobilisation soit maintenue car ce débat a révélé au grand jour la volonté de quelques acteurs de remettre en cause à leur profit les équilibres économiques et culturels existants. Ce débat a également mis en avant la nécessité de mieux expliquer les vertus du prix unique du livre, pour la création littéraire, pour les équilibres d’un marché du livre ouvert et pour les lecteurs eux-mêmes. Ce site, qui s’enrichira régulièrement de nouveaux contenus, vise donc à être un lieu d’information et d’échange sur ce sujet, ouvert aux professionnels comme au public.

http://pourlelivre.net est hébergé sur la plateforme Open Source de WordPress.com.

  • Information et documentation sur le site / h.clemente(@)syndicat-librairie.fr

  • Information professionnelle / g.husson(@)syndicat-librairie.fr

Le communiqué du Centre régional des lettres Midi P.

Dans le cadre de la Loi sur la modernisation de l’économie (LME), actuellement débattue devant l’Assemblée nationale, un amendement dangereux pour la vie du livre et la diversité culturelle a été déposé par un député du Nouveau Centre, élu du Sud-Ouest. Cet amendement vise à attaquer la Loi Lang sur le prix unique du livre et à autoriser les soldes sur les livres édités depuis plus d’un an (le délai actuel est de deux ans et un premier amendement visant à réduire cette durée à six mois a déjà été écarté). Aucun débat préalable avec les professionnels n’a eu lieu. L’ensemble des acteurs de la chaîne du livre se sont d’ores et déjà mobilisés contre cette proposition qui signifierait de fait, si elle était adoptée par le Parlement, la fin du prix unique et amorcerait un bouleversement total du marché du livre.

Comme le souligne le communiqué commun de la Société des Gens de Lettres, du Syndicat National de l’Edition et du Syndicat de la Librairie Française, la dérégulation du marché du livre emporterait au moins trois effets négatifs : un appauvrissement de l’offre éditoriale, de nombreux titres ne pouvant plus être publiés par les éditeurs, une augmentation du prix moyen du livre préjudiciable au pouvoir d’achat des lecteurs, les éditeurs étant contraints de compenser le manque de recettes lié aux soldes par une augmentation globale de leurs prix et, enfin, des obstacles supplémentaires pour le public dans son accès au livre du fait de la disparition de librairies en centre-ville. Des livres en moins grand nombre, plus chers et moins accessibles, le consommateur, contrairement aux idées reçues, a tout à perdre à cette dérégulation ».

En tant que présidente du Centre Régional des Lettres, je souhaite rappeler notre attachement à la loi Lang, votée à l’unanimité par le Parlement le 10 août 1981. Cette loi a garanti à la vie du livre depuis plus de vingt-cinq ans un développement équitable grâce à un réseau dense et diversifié de librairies partout sur le territoire. Ce réseau a lui-même été le garant d’une offre éditoriale multiple et non formatée, et d’une création littéraire libre et foisonnante.

Nous nous associons donc au mouvement de vigilance et de protestation qui demande le retrait immédiat de cet amendement. Le livre est au cœur de notre culture et l’un des instruments privilégiés de la liberté de penser. Il ne doit pas être sacrifié à la guerre des prix et à une logique de marchandisation généralisée qui signe la mort de toute vraie culture.

Danielle BUYS

Présidente du CRL, midi Pyrénées