Le prix du livre

LE PRIX DU LIVRE EST PEU ELEVE EN FRANCE .

  • Le prix moyen d’un livre est d’environ 10 eurossource SNE, enquête annuelle – (15 € pour un Cd de musique, 17 € pour un film en DVD, 38 € pour un logiciel pour console de jeu vidéo). Le prix moyen est de 6 € pour un livre de poche, de 9,6€ pour une bande dessinée, de 13 € pour un dictionnaire. Certaines collections de livres démarrent à 2 € ;
  • Le livre de poche représente 22,5 % de la production et plus de 30 % des exemplaires vendus (source : SNE, enquête de branche). Les ventes en clubs représentent environ 12 % des achats de livres (prix inférieurs de 30 % en moyenne par rapport aux prix initiaux), les ventes par les circuits des « soldeurs » et de l’occasion 1,7 % de ces achats (source TNS Sofres) ;
  • On peut donc estimer que, dans le cadre actuel de la loi de 1981, près de la moitié des ventes correspondent à des livres édités dans des formats dont les prix sont particulièrement abordables.

LE PRIX RELATIF DU LIVRE DIMINUE

  • Au Royaume-Uni, depuis 1995, année de la suppression du prix unique du livre, le prix du livre a augmenté de plus de 50 % soit près de deux fois plus que l’inflation – Selon une étude de Francis Fischwik, chercheur associé à la Cranfield Scholl of management, réalisée à partir des chiffres de l’office national des statistiques britaniques, l’index du prix du livre a augmenté de 49,6 % depuis 1995 au Royaume Uni, alors que celui des prix à la consommation n’a augmenté que de 27,6 %.
    En France, depuis 2000, le prix du livre a, au contraire, évolué deux fois moins fortement que l’inflation ;
  • Le prix unique du livre n’a pas d’effet inflationniste alors que la généralisation des soldes, contrairement aux idées reçues, entraîne une augmentation des prix (baisse significative des prix sur les best-sellers (1 % des titres !) augmentation des prix pour l’ensemble du reste de l’offre), ce qui explique la hausse moyenne continue du prix du livre au Royaume-Uni ;
  • La baisse relative du prix du livre est un avantage pour le consommateur au moment où son pouvoir d’achat diminue.

LE SYSTEME ACTUEL ORGANISE LA VIE DES NOUVEAUTES A TRAVERS PLUSIEURS FORMATS DISPONIBLES :

  • Ventes en clubs à partir de neuf mois après la première publication, avec des réductions de l’ordre de 30 % ;
  • Ventes en poche entre 6 et 18 mois après la première publication (près du quart des nouveautés sont des livres de poche).

L’IMPACT D’UNE DEREGULATION DES PRIX POUR LES LIVRES PUBLIES DEPUIS PLUS D’UN AN

Sur les librairies :

  • fragilisation massive des librairies de centre-ville qui réalisent 51 % de leur chiffre d’affaires avec des ouvrages de plus d’un an. 83 % des titres vendus dans ces librairies ont plus d’un an, 40 % ont plus de cinq ans – Source Adelc, pannel Datalib représentant 120 librairies de toutes tailles.
  • permettre à Amazon et à des acteurs de la grande distribution de casser les prix sur les livres de plus d’un an, c’est retirer à la librairie plus de la moitié de son chiffre d’affaires et ce qui fait une grande partie de sa spécificité, à savoir défendre sur la durée les catalogues des éditeurs et les œuvres de référence qui ont besoin de temps pour se construire et se développer (cf. fiche « le rôle de la librairie ») ;
  • Dans une « guerre des prix », les librairies ne se battraient pas à armes égales avec Amazon et la grande distribution. Leurs charges et leur niveau de rentabilité sont sans aucune commune mesure. Ainsi, comment les librairies de centre-ville pourraient-elles solder les livres au bout d’un an alors que, dans les conditions actuelles, leur rentabilité nette est l’une des plus faibles de l’ensemble du commerce de détail : 1,4 en moyenne et 0,6 % pour les plus petites d’entre elles ? – Source étude sur la situation économique de la librairie indépendante
  • Remise en cause des équilibres du marché des bibliothèques (soit environ 4 % de l’ensemble du marché du livre et 13,1 % du CA des librairies , celles-ci achetant, depuis la loi du 18 juin 2003, votée à l’unanimité à l’Assemblée nationale et au Sénat, leurs ouvrages avec un rabais maximum de 9 %. Cette mesure a réduit l’effet d’éviction des marchés publics que subissaient les librairies au profit des grossistes. Cet effet serait directement contrarié par une dérégulation des prix. Notons d’ailleurs que les professionnels des bibliothèques, à travers l’Association des bibliothécaires français, s’opposent à une modification de la loi du 10 août 1981


Sur l’édition

  • réduction du chiffre d’affaires de l’édition lié à la fermeture de nombreuses librairies et à la baisse des prix liée aux soldes (remises plus élevées exigées par les soldeurs = baisse du CA) ;
  • la péréquation entre les meilleures ventes et les titres de rotation lente n’étant plus réalisable, de nombreux titres coûteux ou de rotation lente ne seraient plus publiés ou le seraient à des prix majorés (effet inflationniste de la dérégulation des prix) ;
  • fragilisation de nombreux petits éditeurs dont l’essentiel des ventes concerne des titres de plus d’un an ;
  • remise en cause des équilibres du secteur du poche qui représente 22,5 % des titres produits chaque année, 30 % des exemplaires vendus et 14,3 % des ventes des éditeurs – Source SNE – Enquête de branche. En effet, comment concilier les ventes en format poche et des prix cassés sur le grand format ?
  • remise en cause des équilibres du secteur de la vente via les clubs (de 10 à 15 % du marché) qui permettent, dans le cadre de la loi relative au prix du livre, de vendre des ouvrages à un prix inférieur de 30 % en moyenne au prix d’origine ;

sur les auteurs

  • incertitudes quant aux modes de calcul de leurs droits aujourd’hui assis sur le prix public de vente fixé par l’éditeur ;
  • concentration des droits d’auteurs sur les meilleures ventes ;
  • fragilisation de la création liée à la fragilisation de nombreuses maisons d’édition et des librairies.

Sur le consommateur

  • des livres plus chers (effet inflationniste de la dérégulation). Effet global négatif sur le pouvoir d’achat ;
  • moins de livres publiés (moindre diversité éditoriale) ;
  • des livres moins accessibles (fermeture de nombreuses librairies)

LES EFFETS DESASTREUX DE LA SUPPRESSION DU DELAI DE STOCK

  • Les dispositions actuelles de la loi concernant les soldes de livres prévoient que seuls les livres publiés depuis plus de deux ans et dont le dernier approvisionnement remonte à plus de six mois peuvent être soldés. Cela signifie que les livres soldés sont des ouvrages qui sont restés au moins six mois au prix public d’origine dans la librairie ;
  • Outre les effets des soldes en tant que tels (cf. supra), la suppression de ce délai minimum en stock signifierait que des acteurs tels que certains vendeurs de livres sur Internet pourraient proposer à prix cassés l’intégralité de la production française de plus d’un an, soit environ 500 000 références. Il ne serait pas nécessaire, pour eux, d’avoir ces ouvrages en stock (pour information, actuellement, Amazon, qui communique sur une disponibilité de plusieurs centaines de milliers de titres ne stocke en fait que 50 000 références environ ; tous les autres titres achetés par des clients sont commandés par Amazon chez les distributeurs). L’importance de leur chiffre d’affaires les conduirait à négocier auprès de leurs fournisseurs des remises beaucoup plus élevées (40 % au maximum aujourd’hui mais jusqu’à plus de 60 % en Grande-Bretagne) afin de compenser les rabais qu’ils offriraient à leurs clients.
    Les libraires, individuellement, ne pourraient obtenir des remises aussi élevées alors que leurs charges sont bien supérieures. Dés lors, elles ne pourraient ni suivre la surenchère sur le discount ni maintenir leurs prix face à la concurrence des soldes. C’est donc bien au moins la moitié de leur activité qui serait directement amputée entraînant la fermeture de centaines de librairies.

    Téléchargez le document de référence

    7-prix-des-livres
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