La librairie : chiffres clés

1- CHIFFRES CLES

Combien de librairies ?

  • Le nombre total de points de vente de livres est estimé à environ 25 000
  • Parmi eux, 15 000 ont une activité régulière de vente de livres
  • 2500 à 3000 points de vente exercent la vente de livres à titre principal ou significatif
  • Les 1000 premiers points de vente correspondent à ce que les diffuseurs appellent le « premier niveau » ; ce premier niveau représente de 60 à 75 % du chiffre d’affaires des éditeurs.
  • Le réseau français des librairies est l’un des plus denses au monde, ce qui contribue fortement à l’animation culturelle et commerciale des villes de toutes tailles.
  • La place de la librairie dans le marché du livre : selon les sources, la librairie représente plus de 40 % des ventes au détail. (SOFRES : 41 % ; Ipsos : 43 % ; GFK : 47 %) ;

Les assortiments

  • Les librairies : + de 100 000 références pour les plus grandes ; autour de 50 000 pour les moyennes ; 5000 à 20 000 pour les spécialisés (jeunesse, BD, religion…) et 5 000 à 10 000 pour les plus petites.
  • Les grandes surfaces culturelles : 100 000 références pour les plus grandes FNAC, de 15 000 à 50 000 références pour les autres FNAC. 20 000 à 30 000 références pour les autres chaînes : Espaces culturels Leclerc, les Virgin, Cultura, Alsatia.
  • Les hypermarchés : 5 000 références en moyenne. L’assortiment peut monter à 15 ou 20 000 références pour les plus grands.
  • Les supermarchés : 1 000 à 3 000 références (meilleures ventes + poche).

La durée de vie des livres en librairie

  • Il existe certes des livres d’actualité qui sont périmés au bout de quelques mois mais l’écrasante majorité des ouvrages ne sont pas dans ce cas là ;
  • Selon le panel Datalib qui couvre 120 librairies de toutes tailles, 83 % des titres vendus en librairie ont plus d’un an ; 40 % des titres vendus ont plus de cinq ans ;
  • Cela signifie que plus de la moitié du chiffre d’affaires des librairies est réalisée grâce à la vente de livres de plus d’un an

La situation économique

  • Une rentabilité faible : 1,4 % du CA en moyenne ( 2 % en moyenne pour les plus grandes, 0,6 % pour les plus petites, soit 2000 € !).
  • Des salaires faibles : un libraire très qualifié ayant 16 années d’ancienneté gagne en moyenne 1,6 fois le SMIC ; or, frais de personnel lourds = 18 % du CA en moyenne car la librairie a besoin de beaucoup de personnel. A titre de comparaison, on estime la part des frais de personnel dans la grande distribution à 6 à 8 % et entre 10 et 11 % dans les grandes surfaces culturelles ;
  • Les autres charges : le loyer et le transport représentent en moyenne 4,5 % du CA des librairies et correspondent à des charges qui augmentent fortement, ce qui est inquiétant au regard de la faiblesse de la rentabilité, et donc des marges de manœuvre, des librairies.
  • Les emplois : 15 000 emplois en librairie (à peu près autant dans l’édition)

2/ LE RÔLE DES LIBRAIRIES

Faire découvrir les livres et les auteurs et les faire vivre dans la durée auprès du public

  • L’ensemble des circuits de vente concourt au dynamisme du marché et à l’accès du plus large public au livre. Néanmoins, la librairie joue un rôle particulier sur le plan culturel dans la mesure où c’est elle qui fait découvrir les auteurs et les livres et les défend dans la durée. Elle est ainsi aux côtés des éditeurs dans la construction des œuvres dans le temps.

    Le rôle principal des grandes surfaces spécialisées, de la grande distribution et des petits points de vente multispécialisés (maisons de la presse, Relay…) est d’amplifier les succès durant la phase de reconnaissance d’un ouvrage auprès d’un large public qui dure généralement quelques semaines, ce qui, sur le plan économique, est bien entendu d’une grande importance. Si Internet représente une part de marché non négligeable pour la vente de livres de fonds, son rôle de lanceur de titres n’est pas significatif.
  • Ainsi, une étude réalisée par les éditions de Minuit sur le premier roman d’Anne Godard L’Inconsolable illustre les différentes étapes de la vie d’un livre de ce type :

    • Période de lancement du livre : entre la date de sa publication et l’obtention du prix RTL, soit durant une dizaine de semaines, 80 % des ventes sont réalisées dans les librairies qui découvrent et défendent ce nouvel auteur. Les enseignes (GSS + grande distribution) représentent 14 % des ventes et Internet 2,8 % ;
    • Période d’amplification : durant les neuf mois qui suivent l’obtention du prix, période durant laquelle les ventes deviennent beaucoup plus importantes, les parts de marché se rééquilibrent même si la librairie demeure majoritaire : la librairie passe de 80 à 50,5 %, les enseignes de 14 % à 34 %. Les hypermarchés et les Relay apparaissent pour 9 %. Internet reste stable à 2,5 %.

  • Une autre étude a été conduite récemment, à partir de données fournies par l’Institut GFK, sur les ventes des 10 titres sélectionnés par le Jury du Livre Inter. La librairie représente de 46,2 à 79,1 % des ventes de ces livres depuis leur parution en 2007. Les grandes surfaces culturelles représentent, pour leur part, entre 16,4 et 34,8% des ventes, la grande distribution entre 0 et 14,4 % et Internet entre 2,8 et 6 %. Il se confirme ainsi que, sur cette sélection qui comportait des auteurs déjà reconnus, c’est bien la librairie qui joue le rôle de lanceur dans une proportion très supérieure à sa part de marché globale. On voit également qu’Internet ne joue pas ce rôle puisque la part des ventes réalisée par ce canal est presque toujours inférieure au poids de ce canal de vente sur l’ensemble du marché.L’étude a ensuite été étendue à une sélection de 10 titres plus anciens des auteurs nominés au Prix du Livre Inter, en grand format et en format poche. Les résultats montrent que c’est encore la librairie qui, pour l’essentiel, plusieurs années après la parution de ces ouvrages, en prolonge la vie commerciale auprès du public. Ainsi, la librairie assure-t-elle entre 57 et 98,6 % des ventes, les grandes surfaces culturelles entre 1 et 31,9%, la grande distribution entre 0 et 16,1 % et Internet entre 0,3 et 8 %.

  • Le rôle de la librairie, objet de nombreuses études et travaux parlementaires :

    • le rapport de M. Michel Herbillon, au nom de la Commission des affaires familiales, culturelles et sociales de l’Assemblée nationale, dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances pour 2006 (n° 2569, enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 12 octobre 2005)

    • le rapport de M. Jacques Valade (septembre 2007), Président de la Commission des affaires culturelles du Sénat : La galaxie Gutenberg face au « big bang » du numérique
    • le rapport sur la librairie indépendante remis par Antoine Gallimard à Christine Albanel, Ministre de la culture et de la communication
    • le rapport Livre 2010 : « Pour que vive la politique du livre » Sophie Barluet, juin 2007 ; remis à Christine Albanel, Ministre de la culture et de la communication :

  • Le rôle de la librairie reconnu par la création du label LIR (« librairies indépendantes de référence ») , à l’initiative de la Ministre de la culture et de la communication et votée par le Parlement dans le cadre de la loi de finances rectificative du 25 décembre 2007 (article 70 – JORF n°0301 du 28 décembre 2007 page 21482).Téléchargez le document de référence.
    8-la-librairie

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :